S'il est obligatoire d'attribuer au moins une adresse IP à une pile ARPA pour pouvoir l'interconnecter en réseau avec d'autres piles de même nature, en revanche, lui attribuer un nom symbolique n'est absolument pas nécessaire au bon fonctionnement de ses trois couches basses.
Ce nommage symbolique est simplement beaucoup plus naturel pour nos
cerveaux humains que la manipulation des adresses IP, même sous forme décimale
pointée (adresses IP page
). Il n'intervient
donc qu'au niveau applicatif, ainsi la majeure partie des applications
réseaux font usage de noms symboliques avec, de manière sous-jacente,
une référence implicite à leur(s) correspondant(s) numérique(s).
Ce chapitre explore les grandes lignes du fonctionnement de ce que l'on nomme le `` serveur de noms '', lien entre cette symbolique et l'adressage IP qui lui est associé .
Pour terminer cette introduction, il n'est pas innocent de préciser que le serveur de noms est en général le premier service mis en route sur un réseau, tout simplement parceque beaucoup de services le requièrent pour accepter de fonctionner (le courrier électronique en est un exemple majeur). C'est la raison pour laquelle l'usage d'adresses IP sous la forme décimale pointée reste de mise lors de la configuration des éléments de commutation et de routageX1.
Au début de l'histoire de l'Internet, la correspondance entre le nom (les noms s'il y a des synonymes ou `` alias '') et l'adresse (il peut y en avoir plusieurs associées à un seul nom) d'une machine est placée dans le fichier /etc/hosts, présent sur toutes les machines unix dotées d'une pile Arpa.
Ci-après le fichier en question, prélevé (et tronqué partiellement) sur une machine FreeBSDX2 à jour. On y remarque qu'il ne contient plus que l'adresse de `` loopback '' en ipv6 et ipv4.
![\framebox[15cm][l]{
\parbox[l]{15cm}{
\begin{center}
\includegraphics{etc.hosts.eps}
\end{center} }
}](img97.png)
Au début des années 1980 c'est le NICX3qui gère la mise à jour continuelle de cette table (HOSTS.TXT), avec les inconvénients suivants :
D'après Douglas E. Comer, au milieu des années 1980 (1986) la liste officielle des hôtes de l'Internet contient 3100 noms et 6500 alias !
La forte croissance du nombre des machines, a rendu obsolète cette approche.
1.2 Système hiérarchisé de nommage
L'espace de noms, préalablement non structuré, est désormais réorganisé de manière hiérarchique, sous forme d'un arbre (et non d'un graphe).
Cette organisation entraine une hiérarchisation des noms de machines et des autorités qui ont le pouvoir de les nommer, de les maintenir.
Chaque n
ud de l'arbre porte un nom, la racine n'en a pas. Les
machines, feuilles de l'arbre, sont nommées à l'aide du chemin
parcouru de la feuille (machine) à la racine (non nommée).
Le séparateur entre chaque embranchement, ou n
ud, est le point
décimal. Voici un exemple de nom de machine :
Derrière ce nom il faut imaginer un point (.) qui est omis la plupart du temps car il est impliciteX4. La lecture s'effectue naturellement de gauche à droite, par contre la hiérarchie de noms s'observe de droite à gauche.
Le réseau peut être considéré comme une hiérarchie de domaines.
L'espace des noms y est organisé en tenant compte des limites
administratives ou organisationnelles. Chaque n
ud, appelé un
domaine, est baptisé par une chaîne de caractères et le nom de ce
domaine est la concaténation de toutes les étiquettes de n
uds lues
depuis la racine, donc de droite à gauche. Par exemple :
fr